collectif Cacheurs de Pub | Actions non-violentes de désobéissance civile pour la liberté d’expression et contre l’invasion publicitaire.
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Compte-rendu de la 5e action des cacheurs de Pub du 25 octobre 2008 à Bruxelles

vendredi 14 novembre 2008

Comme à leur habitude, les Cacheurs de Pub se retrouvent dès 10h pour les ultimes préparatifs de l’action. Le café est servi pendant que l’on rassemble les toiles préparées durant la semaine. On distribue les rôles, on explique et prépare la technique d’emballage du jour et on se compte.

Il est l’heure de rejoindre le lieu de rendez-vous avenue Albert II où l’on retrouve d’autres cacheurs. Une vingtaine de caCHeurs, la journaliste de La Capitale et son photographe sont présents sur les lieux ainsi qu’un ancien député Ecolo parmi le public venu nous soutenir.

Nous déployons les draps superbement cousus et ornés d’une reproduction d’un motif du dessinateur Titom et de sa légende : « La pub nous incite à consommer le monde sans modération » en quatre langues : français, néerlandais, allemand et anglais. C’est que Bruxelles est plusieurs fois capitale, dont celle de l’Europe, et que l’invasion publicitaire ne connaît pas de frontières, pas plus que l’action citoyenne !

Les ficelles au bout desquelles se trouvent des poids prêts à lancer sont passées dans les boucles d’attache des toiles assemblées par notre habile couturière.

Le groupe s’étoffe et nous sommes presque 30 au moment où nous entrons dans le vif du sujet.

Les musiciens de la troupe sortent saxophone et harmonica, nous voilà portés par la musique alors qu’un premier panneau déroulant de 8m² se fait prestement emballer dans la version anglaise de nos draps peints : “Advertising makes us consume the World without moderation “

Suivent rapidement la version française et allemande, le tout rondement mené ! Les Cacheurs de grande taille sont à la tâche, le système, très simple, fonctionne, tout se passe bien, il fait beau, comme à chaque action, et quelques voitures et autres car de touristes sont hélés afin de les inviter à profiter gratuitement de notre exposition temporaire. Des voitures de police passent à quatre reprise sans s’arrêter.

Encadré - Parmi les pubs cachées ce jour là :

Les dispositifs publicitaires recouverts sont des panneaux déroulants de 8m². Parmisles publicités matraquant les passants ce jour-là, deux sont à épingler tant elles sont illustratives de la pratiques actuelles du « greenwashing » ou éco-blanchiment.

La première est une pub pour le constructeur automobile Škoda, qui prétend que certains de ses véhicules sont écologiques ou respectueux de l’environnement. Il est bon de rappeler qu’une automobile ne peut en aucun cas être "propre" ou écologique, tant sa construction, son utilisation et son élimination nécessitent des ressources naturelles non renouvelables et engendrent une quantité phénoménale de pollutions diverses. Sur cette pub, Škoda affirme en outre que le véhicule qu’elle vend permet de faire des économies de carburant... et que c’est donc bon pour le pouvoir d’achat ! « L’effet rebond » devenu argument de marketing, c’est le pompon. Dans son irresponsabilité criminelle, Škoda fait passer à tout le monde le message suivant : si vous achetez sa berline polluante, vous pourrez consommer plus d’autres produits puisque la facture d’essence est moins chère que si vous achetiez une voiture qui pollue encore plus ! Cela juste au moment où le WWF publie son rapport Planète vivante 2008 qui indique que nous détruisons la Terre à une vitesse dramatique car nous consommons plus que de raison. CaCHer la pub est décidément un acte de légitime défense absolument nécessaire.

Autre pub qui donne également dans le greenwashing le plus éhonté : Electrabel, racheté par Suez, s’affiche écologiste avec le slogan : « Ensemble pour moins de CO2 » et l’image d’enfants en train de démonter le symbole chimique du dioxyde de carbone à coup de marteaux...

La part d’énergie renouvelable dans la production d’Electrabel est de moins de 2%, le plus gros venant du nucléaire (58%). Dans ses pubs, Electrabel oublie de dire qu’elle est une entreprise ultra-polluante qui non seulement fait peu pour le renouvelable mais, en plus, freine son développement en faisant du lobbying en faveur du nucléaire. Par « inadvertance », l’entreprise néglige aussi de mettre en évidence sur ses affiches publicitaires les tonnes de déchets nucléaires qu’elle laisse en héritage aux générations à venir, pourtant symbolisées ici par une bande de bambin sous les pieds desquels Electrabel enfouit donc des scories mortelles.

Ne reste plus qu’un panneau, en retrait, sur le boulevard Émile Jacqmain. C’est ici que les Romains s’empoignèrent, tant le dispositif ne se laissa pas facilement tomber dans de beaux draps. Il fallut s’y reprendre à maintes reprises pour placer la version néerlandaise de nos peintures antipub. Tant bien que mal, on arrive enfin à emballer le 4e panneau. La pose n’est pas parfaite, elle est un peu schieve comme on dit à Bruxelles, mais ça passe.

Satisfaits et heureux du rétablissement local et temporaire d’un peu de vérité sur la consommation et d’égalité dans le droit à la liberté d’expression, nous entonnons un dynamique Cache-cache pub et plusieurs chansons anticonsuméristes.

Après quelques interpellations supplémentaires des passants et une dernière contemplation de notre œuvre, nous prenons la direction de la terrasse du Jardin botanique pour un compte-rendu de l’action et le lancement des préparatifs de la suivante. Rendez-vous le dernier samedi du mois !


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